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Usine Fibre Excellence à Tarascon : Sauvons l’emploi ET la santé des Tarasconnais !

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07/10/2020 – COMMUNIQUÉ DE L’ASSOCIATION LES FLAMANTS ROSES DU TRÉBON, COLLECTIF DE LUTTE CONTRE LA POLLUTION DE FIBRE EXCELLENCE TARASCON

LA MISE AUX NORMES DE FIBRE EXCELLENCE TARASCON ET LA SANTE DES RIVERAINS

Depuis le procès que l’État a décidé d’intenter à l’industriel pollueur F.E.T. (Fibre Excellence Tarascon), pour non-respect des seuils d’émissions de substances polluantes et exploitation de matériel non conforme, nous assistons à une véritable MISE EN SCÈNE de la part de l’industriel.

Le procès a été renvoyé au 6 janvier 2021 pour complément d’information, du fait de l’absence de pièces fondamentales justifiant la plainte, qui auraient dû être présentes dans le dossier administratif.

Mise en scène aussi de la DREAL Paca, qui n’arrive pas à faire respecter par F.E.T. ses arrêtés préfectoraux, qui publie sur son site web les comptes rendus de visites 6 mois après qu’elles ont eu lieu ; quant aux fiches d’écart (qui pointent s’il y a eu ou non des dépassements sur les seuils d’émission), elles y sont cruellement absentes.

Le 18 septembre, les dirigeants de l’usine conviaient l’ensemble du personnel à une réunion pour lui demander d’accepter des baisses de salaires, compte tenu des problèmes financiers de l’usine. La direction connaissait déjà la réponse des salariés puisque le sujet avait déjà été abordé au mois de juin, et la réponse déjà négative.

Quel sens de l’à-propos que d’organiser cette réunion à quatre jours de leur procès !

Notre collectif a perçu cette demande comme une manœuvre des dirigeants de F.E.T. en vue d’une médiatisation à son profit des « grandes difficultés financières de l’usine » (alors que celle-ci accuse un déficit récurrent depuis 2016 de l’ordre de 20 à 30 M€/an), dans le but de passer pour la victime face aux cent cinquante plaintes en partie civile, et mettre la pression sur le procureur.

Nous avons été clairvoyants puisqu’après le refus du personnel des propositions de baisse des salaires et la décision de commencer une grève, les dirigeants ont annoncé un risque imminent de mettre l’usine en dépôt de bilan.

La mise en scène a continué avec l’orchestration, par l’entremise de SEBSO, la filiale bois de l’usine, de la montée au créneau de la filière d’approvisionnement du bois, via les syndicats du SEFSAM (dont le président n’est autre que le responsable régional de la SEBSO) et de la FNB. Ceux-ci, redoutant la perte de 3 000 emplois (après enquête, en réalité cinq fois moins !), se sont exprimés la veille du procès à grand coups de communiqués, s’employant à faire pression sur les élus de la région par de nombreux articles de presse.

Allant jusqu’à mener avec leurs camions des opérations escargots à Fos, Arles et aux portes de l’usine, menaçant les salariés grévistes et les stigmatisant.

Dans les nombreux articles, les forestiers affirment souvent que leur unique débouché est l’usine Fibre Excellence, alors que l’on sait que de nombreuses exploitations forestières ont des marchés dans le BTP et qu’il existe bien d’autres clients dans la région, comme l’usine de Gardanne.

Des manœuvres uniquement destinées à exercer une fois de plus un chantage à l’emploi. Surfant au passage sur les risques de faillites engendrés par la crise sanitaire.

Orchestration de la part du gouvernement qui, via la députée des BDR et l’adjoint au délégué interministériel de Bercy, ont participé eux aussi à la pression exercée sur les salariés, en faisant miroiter une aide conséquente de l’Etat (13 M€) dans un nouvel appareil de production d’électricité verte.

Cette nouvelle turbine serait mue par la chaudière à liqueur noire hors d’âge qui empoisonne depuis des décennies les riverains.

Mais au milieu de ces manigances et de ces démonstrations de mauvaise foi, quid de l’impact de la pollution de l’air, des sols, des nappes phréatiques, des puits, du Rhône sur la santé des 90 000 habitants de Tarascon, Beaucaire, Fontvieille, Arles ? Tout ça ne compte-t-il pas ? N’oublions pas que depuis 10 ans, le préfet a pris à l’encontre de Fibre Excellence 4 arrêtés de mise en demeure et 6 d’urgence, dans la mesure où ils ne respectent pas leurs obligations, et où il y a un réel danger.

Est-ce si peu de chose que le taux de mortalité à Tarascon est 14.3% au-dessus de la moyenne de la Région Paca ? il en est de même pour les maladies de l’appareil génito-urinaire (+95%) et la maladie d’Alzheimer (+58%) ! (Source : Enquête de l’Observatoire Régional de la Santé Région Paca de Décembre 2016). En 2017, l’ARS a recommandé à la préfecture que FET abaisse au plus vite ses émissions atmosphériques et que soit renforcée qualitativement et quantitativement la surveillance de ses rejets.

Alors, l’emploi ou la santé ? Tel est le dilemme dans lequel Fibre Excellence veut nous enfermer. Parlons plutôt de l’Emploi ET la Santé : nous exigeons la remise aux normes de l’Usine et surtout la mise en place de moyens de surveillance par des organismes de contrôles totalement indépendants et non sous le joug de F.E.T. !

 

Le Groupe APP rejoue la scène : Pour Paper Excellence Canada (à qui appartient Fibre Excellence Tarascon), cette comédie n’est pas un film original mais le remake français d’une production canadienne puisqu’en 2019 elle a joué le même sketch dans une autre usine du groupe, la Northern Pulp, située à Abercrombie, dans l’estuaire de Boat Harbour en Nouvelle Ecosse, avec des dirigeants outrés, des politiques incompétents et des forestiers larmoyants malgré une subvention de 32 M€ destinée à les aider.

Mais un nouveau premier ministre clairvoyant et courageux a ordonné l’arrêt d’une usine incapable de respecter les normes de rejets et d’émissions.

C’est donc quelques mois après le même début de scénario qui se joue en France.

Nous avons décidé d’informer les 90 000 habitants qui respirent les rejets que :

  • A la lecture des derniers arrêtés préfectoraux, vu les tonnages et la concentration de produits dangereux qui entrent dans la fabrication et au regard de certaines quantités stockées que F.E.T. dissimule, le classement en Seveso seuil bas nous laissent dubitatifs. L’usine devrait plutôt être en en Seveso seuil haut. Avec tout ce que cela implique, y compris le PPRT (Plan de prévention des risques technologiques),
  • Les dalles en béton supportant certaines installations sont fissurées,
  • certaines cuves fuient,
  • Le sol contient encore du mercure,
  • Tous les quinze jours 20 à 30 m3 de bioxyde de chlore sont rejetés au Rhône dans les opérations de nettoyage, car la technologie de la station d’épuration date des années 50 et n’est plus assez efficiente.

Et les exploitants de l’usine osent dire que leur poubelle est inoffensive !

Mais finalement les propriétaires indonésiens de l’usine ont compris que le défi de mettre leur appareil industriel aux normes était impossible à relever et ont décidé de jeter l’éponge. L’usine est en cessation d’activité depuis le 16 septembre 2020 et désormais mise en redressement judiciaire.

 

L’Etat cherche un Repreneur. Il vaudrait mieux qu’il aille voir du côté des ferrailleurs ! La bataille continue ! Quel repreneur sensé s’engagerait dans une telle galère !

L’Etat, au nom du sacro-saint « emploi à tout prix » ne va-t-il pas encore nous sacrifier en bradant l’usine à un profiteur ? Allons-nous encore payer avec notre argent l’altération de notre santé ?

 

Si vous êtes convaincus que ce combat est vital, il est essentiel que vous vous engagiez à nos côtés.

Tous au tribunal le 6 janvier 2021 afin d’exprimer notre colère !

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