Le gouvernement achève la filière porcine

Edouard Ferrand au marché des MIN à Châteaurenard en compagnie de Valérie et Frédéric Laupies.

Edouard Ferrand au marché des MIN à Châteaurenard en compagnie de Valérie et Frédéric Laupies.

Communiqué de Presse d’ Edouard Ferrand et Philippe Loiseau, députés européens, membres de la commission pour l’agriculture et le développement rural.

Comme le dénonçait dès le départ le Front National, l’accord sur le prix du porc vendu à grand renfort de communication par le gouvernement, n’en est pas un.

Le refus de deux grands groupes agro-industriels français de s’y plier ne fait que confirmer ce que nous expliquions : il n’y a pas la moindre base juridique à cet accord qui ne s’attaque à aucune des causes profondes de la terrible crise que vivent les éleveurs depuis un an. Pendant que le gouvernement exige que les prix payés par les industriels soient plus élevés, il laisse ces derniers à la merci de la concurrence déloyale des Allemands et des Espagnols qui peuvent continuer à mettre le marché français en coupe réglée.

Que ce soit sous Sarkozy ou sous Hollande, aucune action n’a été entreprise pour lutter contre le dumping social allemand qui, par le biais de la directive européenne sur le détachement des travailleurs, emploie de la main d’oeuvre originaire d’Europe centrale à des salaires de misère. En moins de 10 ans, l’Allemagne s’est ainsi emparée d’une partie croissante du marché français tout en détruisant les capacités de production de ses concurrents. La cotation quotidienne allemande s’est ainsi imposée au détriment de celle du Marché du porc breton de Plérin, un acteur incontournable que le gouvernement, par cynisme autant que par lâcheté, condamne à disparaître. Le modèle allemand a, par la suite, fait école dans l’UE, en particulier en Espagne, où les industriels ont profité de la crise pour écraser les salaires. L’année passée, ce pays a pu accroître sa production de porc de 8%, et ce entre autre au détriment de la France.

Quand le gouvernement socialiste multiplie les écrans de fumée pour mieux masquer l’abandon programmé des filières d’élevage françaises, les élus de l’ex-UMP n’ont qu’un seul mot en bouche : baisser les charges et le prix du travail. Ils oublient cependant d’expliquer aux Français que cela reviendrait à faire travailler les salariés des abattoirs et des élevages pour moins de 5 euros de l’heure.

Le Front National refuse à la fois d’abandonner les filière d’élevage françaises et de sacrifier les salaires des travailleurs français en les remplaçant par de la main d’oeuvre étrangère sous-payée. Il entend pour cela rompre avec les politiques européennes assassines, afin de protéger agriculteurs et salariés contre la concurrence déloyale tout en assurant la souveraineté alimentaire de notre pays.

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