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Malgré la montée du chômage, l’OCDE demande aux pays européens de faire encore appel à l’immigration

IMMIGRATION EUROPE OCDES

Source Riposte Laïque :  Voilà une interview fort intéressante (1) à propos d’un rapport qui ne l’est pas moins. Interrogé ? Le chef de la division des migrations internationales de l’OCDE … Le rapport ? celui qu’il a rédigé pour le compte de cette même OCDE afin de demander aux pays européens de continuer à s’ouvrir à l’immigration de travail (et de peuplement qui lui est connexe , en France en particulier) malgré la crise, la récession, le chômage qui explose…

Dame, on comprend le bonhomme… N’avoue-t-il pas l’essentiel au détour de son texte ? « En période de reprise, les immigrés apportent souplesse et dynamisme ». C’est du Bouygues dans le texte, qui vantait en 1970 (2) la « corvéabilité » et la soumission de la main d’œuvre immigrée, pour mieux cacher qu’elle lui servait à peser sur les salaires, elle qui représentait 80% de la main d’œuvre employée sur ses chantiers.


Et quand notre bonhomme ajoute : « certains besoins de main d’œuvre sont structurels et résisteront à la crise, notamment dans le secteur de la santé, le soin aux personnes âgées… », il laisse poindre la nécessité (de son point de vue libéral) de la libre circulation de la main d’œuvre pour les secteurs non délocalisables (ajoutons le BTP, l’ensemble des services et l’agriculture aux exemples qu’il donne) afin de faire du travail une marchandise comme une autre où le demandeur sera soumis à une concurrence ni loyale ni équitable puisque l’immigré aura toujours un temps d’avance dans l’acceptation de conditions de travail et de salaires toujours plus dégradées…


Ainsi, grâce à la politique impulsée par les technocrates européens et les gouvernements qui les suivent, nous vivons une situation étonnante où le chiffre des demandeurs d’emplois s’envole (3) tandis que les frontières restent ouvertes aux flux migratoires de travail comme de peuplement.


Par exemple, le BTP étant touché par « la récession », les entreprises qui en dépendent « dégraissent » allègrement, notamment par la suppression des CDD et des missions d’intérim, des contrats précaires ou « atypiques » (sic !) (4), qui concernent largement la main d’œuvre immigrée qui compose la moitié de la main d’œuvre de ce secteur. Lorsque la reprise sera là et que le BTP « repartira », que feront les patrons (petits et grands) des entreprises concernées ? Ils puiseront dans la main d’œuvre « souple et dynamique » que lui fourniront les flux migratoires perpétuels…Et ainsi perdurera un volant important de « demandeurs d’emplois » qui pèsera sur la progression des rémunérations et l’amélioration des conditions de travail.


Serait-il si compliqué d’imposer un moratoire sur l’immigration (tout en luttant efficacement contre l’immigration illégale) en cette période de « crise », d’engager des politiques de formation pour les demandeurs d’emplois non qualifiés, de réorienter notre politique générale d’enseignement et de formation afin de l’ajuster plus précisément à la demande réelle d’emplois ?


« On » nous dit qu’il manque des professionnels de santé ? Pourquoi, alors, ne pas engager une vraie politique de formation dans ce secteur, ne pas le réorganiser, ne pas faire sauter les « numerus clausus » ? Attend-on plutôt, en haut lieu, la concurrence déloyale qu’imposera la future « carte bleue » européenne en favorisant « l’importation » de catégories professionnelles moyennement et très qualifiées ? (5)


« On » nous dit que le secteur des services est porteur, notamment dans les soins et l’assistance aux personnes âgées ? N’y a-t-il pas suffisamment de demandeurs d’emplois, à former ou non, susceptibles de satisfaire cette demande sans avoir à faire appel à l’immigration ?


BTP, services, santé, agriculture…Tous ces secteurs ne se contractent pas de la même manière, mieux, certains embauchent…Comme il y a 2 204 000 demandeurs d’emplois annoncés en janvier 2009, ne peut-on pas, à la fois, les orienter en fonction des besoins, et s’attacher à former ceux qui en ont besoin afin de faire face à la reprise avec une main d’œuvre préparée et sur place ?


D’autant que tous les chiffres concordent : le taux de chômage dans la population immigrée est 2 fois plus élevé que celui de la moyenne nationale …Logique, puisque soumis aux conditions les plus « souples », les plus « malléables », les travailleurs immigrés subissent les premiers les « à coups » les plus brutaux. Et leurs handicaps linguistiques et culturels accentuent le processus (6). Mais cela aussi convient parfaitement à notre bonhomme de l’OCDE, jamais à court de compassion attendrie envers le travailleur immigré dont il sait combien il est précieux pour maintenir le taux de profit capitaliste, même en temps de « crise »…


Jamais à court de conseils envers les pays européens, sommés de continuer à favoriser l’immigration pour « soulager » les problèmes des pays « émergents » dont ils exploitent les matières premières et avec lesquels il faut commercer…Bel aveu de « néocolonialisme » larvé !


Mais parfaitement muet sur les conséquences économiques et sociales de ces flux migratoires aberrants sur les populations autochtones, notamment les plus modestes, y compris celles qui se sont établies au gré de migrations plus anciennes et qui se sont intégrées…


Et encore plus silencieux sur les conséquences sociétales de ces flux migratoires aberrants quand ils imposent des populations de religion, de culture, de langue, de mœurs si éloignées de celles des peuples accueillants qu’elles sont porteuses de dérives incontrôlables et ouvertes à toutes les manipulations communautaristes…Mais il est vrai que cet « européaniste » voit d’un œil favorable l’émiettement communautaire de la société européenne dont il rêve afin de soumettre davantage (et sans risques) des peuples qui pourraient ne pas rêver de la même façon.


La « crise », donc, pour tous ces eurocrates, pour tous les responsables politiques des Etats, pour tous les représentants des oppositions déclarées et prêtes à prendre la relève, n’est qu’un moyen de préparer le futur conglomérat appelé « Europe », capitaliste libéral pour l’économie, à l’anglo-saxonne pour le sociétal, à la mode US pour l’organisation politique et la visée géopolitique …Et la libre circulation de la main d’œuvre y trouve sa fonction économique de destruction du rapport de force social et de délitement de l’espace unique national, démocratique et laïque , pour notre pays en particulier.


On a le droit d’être en accord avec ce devenir annoncé…Mais on n’a pas le droit d’en masquer les conséquences et de se cacher derrière un compassionnel hypocrite pour le « faire avaler » aux citoyens tenus à l’écart des décisions.

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